La chasse :

une valeur ajoutée pour la biodiversité

La dégradation des habitats de la faune sauvage, due notamment à l'agriculture intensive, à la fragmentation des écosystèmes, à la pollution industrielle et au tourisme de masse, a entraîné deux réactions de la part de la société, avec des conséquences importantes pour le monde de la chasse. Il s’agit, d'une part, d’une prise de conscience de la nécessité de sauvegarder le formidable patrimoine naturel qui nous entoure et d'autre part, d’une attente renforcée vis-à-vis du monde de la chasse et des chasseurs quant à leur implication en tant que gestionnaires de la nature. Indéniablement, le chasseur, plus que d’autres utilisateurs de la nature, fait l'objet d'une certaine attention de la part du public.

En Europe, la chasse fut durant des milliers d'années une nécessité ; elle devint par la suite un droit. Aujourd'hui, s'adonner à la chasse entraîne également une notion de «devoir» de la part des chasseurs. La chasse est notamment un outil de gestion de la faune sauvage et des habitats. Les chasseurs intègrent dans leur pratique une dimension de devoir, de compétence et de résultat :

• au regard des enjeux environnementaux globaux,
• au regard des autres utilisateurs de la nature et de l'intérêt général.

La chasse est de mieux en mieux acceptée par beaucoup de non-chasseurs dès lors qu’elle participe à la conservation de la nature, par le biais du maintien ou de l'amélioration des habitats et par le biais de la gestion des espèces qui y sont inféodées.
Souvent les chasseurs s'organisent au sein de structures qui les représentent et les assistent dans les missions techniques qu'ils se fixent. Par exemple, ils déterminent des plans de gestion des espèces chassées et contribuent à la sauvegarde d'habitats (dont de nombreuses zones humides). Ces objectifs de gestion sont entrés très largement dans les mœurs. L’implication du chasseur dans la gestion des habitats et de la faune sauvage tout au long de l'année est de plus en plus appréciée à sa juste valeur par bon nombre d'acteurs qui utilisent les mêmes espaces. De nombreuses associations et fédérations de chasseurs intègrent des naturalistes parmi leurs membres, voire leur personnel salarié. Et l'inverse est vrai également : de grandes associations de protection de la nature font appel aux chasseurs et à la chasse pour la gestion des espaces naturels et des espèces animales qui y vivent.

La Fédération des Associations de Chasse et Conservation de la Faune Sauvage de l’U.E. (FACE) fait la promotion de la chasse conformément au principe de l’utilisation raisonnée et durable des ressources naturelles, pour la conservation et la gestion de la faune sauvage, ainsi que pour la protection, la création et la restauration des habitats.

La Commission européenne invite d’ailleurs systématiquement la FACE à participer à ses travaux dès lors qu’ils concernent, de près ou de loin, le domaine de la faune sauvage, de ses habitats et de leur gestion. Naturalistes et chasseurs ont en commun de partager les mêmes espaces, avec des objectifs ultimes souvent proches et conciliables. Ce dialogue nouveau entre chasseurs et naturalistes bénéficie directement à la faune et à ses habitats.

Bien des démarches ont été initiées par les chasseurs en faveur de la faune sauvage et de la biodiversité en général. Cette publication en reprend quelques exemples au travers d’une série d’études de cas très concrets. Bonne lecture.


Bruxelles, septembre 2004

 

 
 
Gilbert de TURCKHEIM
Président
Dr. Yves LECOCQ
Secrétaire général
 
 
Publication réalisée pour la FACE par Faune & Biotopes asbl